Dans le cycle de vente B2B, la phase de découverte est souvent le moment où tout se joue. Pourtant, une statistique interpelle les directions commerciales : près de 80 % des interrogations posées en rendez-vous sont des questions de fait, purement descriptives. Pour transformer un simple échange en une opportunité d’affaires, la maîtrise de la question ouverte est l’arme absolue du vendeur d’élite.
Mais qu’est-ce qu’une bonne question ouverte ? Comment l’utiliser pour ne pas simplement « interroger » mais réellement « comprendre » ? Découvrez 10 exemples concrets et la méthodologie pour propulser votre performance commerciale.

Qu’est-ce qu’une question ouverte en vente ?
Une question ouverte est une sollicitation qui oblige l’interlocuteur à développer sa pensée, contrairement à la question fermée qui se contente d’un « oui » ou d’un « non ». En marketing et en vente consultative, elle est le moteur de l’engagement. Elle commence généralement par des adverbes comme Comment, Pourquoi, Dans quelle mesure, ou Quoi.
L’objectif est double :
Créer une relation de confiance en laissant l’espace d’expression au client.
Collecter de la donnée qualitative (besoins profonds, freins psychologiques).
10 exemples de questions ouvertes pour une découverte client efficace
Pour vous aider à sortir du simple interrogatoire technique, voici 10 exemples de questions ouvertes classées par objectif stratégique.
Explorez le contexte et les enjeux stratégiques
- 1. « Comment décrivez-vous l’évolution de votre marché sur les 12 derniers mois ? »
- Pourquoi ça marche : Cela permet de comprendre la vision stratégique du décideur et ses priorités actuelles.
- 2. « Quels sont les principaux défis que votre équipe commerciale rencontre aujourd’hui ? »
- Pourquoi ça marche : Vous identifiez les points de douleur (pain points) sans les suggérer vous-même.
Révélez les frustrations et les besoins latents
- 3. « Que pensez-vous de la performance actuelle de vos outils de prospection ? »
- Pourquoi ça marche : C’est une question de perception qui fait ressortir l’insatisfaction émotionnelle.
- 4. « Dans quelle mesure votre organisation actuelle freine-t-elle votre croissance ? »
- Pourquoi ça marche : Elle force le client à admettre un lien de causalité entre sa structure et ses résultats.
Projetez le client vers le changement
- 5. « Si vous aviez une baguette magique, quel processus souhaiteriez-vous transformer en priorité ? »
- Pourquoi ça marche : On sort du cadre rationnel pour toucher aux aspirations profondes.
- 6. « Quelles seraient les conséquences pour votre département si ces objectifs n’étaient pas atteints d’ici la fin de l’année ? »
- Pourquoi ça marche : C’est une question d’implication qui souligne l’urgence d’agir.
Décodez les critères de décision
- 7. « Quels sont les critères essentiels qui vous feront choisir un partenaire plutôt qu’un autre ? »
- Pourquoi ça marche : Vous obtenez directement la « grille de notation » du prospect.
- 8. « Comment se déroule habituellement le processus de validation interne pour ce type de projet ? »
- Pourquoi ça marche : Indispensable pour cartographier le circuit de décision (DMU).
Provoquez l’engagement et l’action
- 9. « De quoi auriez-vous besoin pour que nous puissions lancer ce pilote dès le mois prochain ? »
- Pourquoi ça marche : Elle lève les derniers obstacles opérationnels.
- 10. « Qu’attendriez-vous concrètement d’un accompagnement comme le nôtre pour vous sentir serein ? »
- Pourquoi ça marche : Elle définit les indicateurs de succès de la future collaboration.
La Méthode FOCA : Aller au-delà de la simple question ouverte
Poser une question ouverte est nécessaire, mais la structure de votre questionnement l’est encore plus. Chez Mercuri International, nous avons développé la méthode FOCA (Fait, Opinion, Changement, Action).
Alors que beaucoup de commerciaux s’enlisent dans les questions de Fait (situation actuelle), la méthode FOCA apprend à basculer vers les questions d’Opinion (ressenti du client) et de Changement (désir d’avenir). En structurant votre entretien avec ce framework, vous ne vous contentez pas de récolter des informations : vous créez activement le besoin chez votre interlocuteur en mettant en lumière l’écart entre sa situation présente et ses ambitions. C’est là que réside la véritable vente consultative.
Pourquoi la maîtrise du questionnement impacte votre ROI commercial ?
Investir dans la formation au questionnement n’est pas qu’une question de « soft skills », c’est un levier de croissance directe.
- Augmentation du taux de conversion : En comprenant mieux le besoin grâce à chaque question ouverte, votre proposition commerciale devient irrésistible car elle répond point par point aux enjeux cités.
- Réduction du cycle de vente : En identifiant les freins et les décideurs dès la phase de découverte, vous évitez les allers-retours inutiles.
- Différenciation : Face à des concurrents qui présentent leur catalogue de produits, le consultant qui pose les bonnes questions est perçu comme un partenaire stratégique.
Checklist : Les 3 erreurs à éviter avec les questions ouvertes
Devenez un expert de la vente consultative
La question ouverte est bien plus qu’une technique grammaticale ; c’est un état d’esprit. Elle témoigne de votre intérêt pour la réussite de votre client. En combinant ces exemples concrets avec une méthodologie rigoureuse comme le FOCA, vous transformez vos rendez-vous en véritables diagnostics de performance.
Souhaitez-vous évaluer la maturité de votre force de vente sur les techniques de questionnement ?
FAQ : Tout savoir sur la question ouverte en vente
Une question ouverte invite à un développement et commence par des mots-clés comme « Comment » ou « Pourquoi », offrant une liberté totale de réponse. À l’inverse, une question fermée limite la réponse à un choix binaire (Oui/Non) ou à une information factuelle précise. En vente, la question ouverte sert à explorer, tandis que la question fermée sert à confirmer ou à verrouiller une étape.
Elles permettent de récolter des informations à haute valeur ajoutée que le client n’aurait pas partagées spontanément. La question ouverte favorise l’empathie, réduit la résistance psychologique du prospect et permet de découvrir les motivations d’achat réelles (le « pourquoi » derrière le besoin).
C’est un exercice simple de reformulation. Par exemple, au lieu de demander « Êtes-vous satisfait de votre prestataire actuel ? » (Fermée), demandez : « Quels sont les aspects que vous souhaiteriez améliorer dans votre relation avec votre prestataire actuel ? » (Ouverte).
Oui, un excès de questions ouvertes sans structure peut essouffler le client ou donner l’impression d’un manque de préparation. C’est ici que l’utilisation d’une méthode comme le FOCA est cruciale : elle permet d’alterner les types de questions pour garder un rythme fluide et orienté vers l’action.
Bien qu’elles soient indispensables durant la phase de découverte, les questions ouvertes sont utiles tout au long du cycle de vente, notamment pour traiter les objections (« Comment pouvons-nous adapter cette proposition pour qu’elle vous convienne parfaitement ? ») ou lors du suivi de compte.